À l’approche de la Fête des Pères, les vitrines des magasins et les réseaux sociaux se parent de messages célébrant la paternité. Mais pour certains hommes, cette date résonne dans un silence assourdissant. Dans l’ombre du deuil périnatal, il est une réalité trop souvent passée sous silence : celle des pères. Lorsque la perte d’un bébé survient, les regards, les soins et les élans de compassion se tournent spontanément, et bien légitimement, vers la mère. Pourtant, dans cette tragédie, les pères ne sont pas de simples spectateurs. Ils sont parents à part entière. Et si nous parlions enfin d’eux ?
L’injonction du « pilier »
Dès les premiers instants qui suivent l’annonce de la perte de l’enfant, qu’il s’agisse d'une fausse couche, d'une grossesse arrêtée, d'une interruption médicale de grossesse (IMG) ou d'une mort fœtale in utero (MFIU) , une mécanique invisible se met en place. L'entourage social, médical et parfois même professionnel projette instantanément sur l'homme un rôle prédéfini : celui du protecteur indéboulonnable.
Qui n’a jamaisentendu, ou prononcé, ces phrases pensées comme des encouragements, mais quis'avèrent être de véritables pièges émotionnels :
« Tu vas devoir être fort pour deux. » « Sois fort pour ta femme, elle a besoin de toi. » « Comment va la maman ? C’est pas trop dur pour elle ? »
Ces mots, bien que portés par une intention bienveillante, agissent comme des couperets. Ils renvoient implicitement au père l’idée que sa propre douleur est secondaire, voire illégitime. On attend de lui qu'il encaisse en silence, qu'il gère la logistique administrative ou qu'il se dresse comme un rempart contre la détresse de sa conjointe, tout en reléguant ses propres larmes au second plan. Ce poids social force de nombreux hommes à avancer masqués, au prix d'un épuisement psychologique profond.
La peine n’est pas l’apanage des mères
La détresse liée à la perte d’un enfant ne se mesure ni au genre, ni à la maturité du terme. Un parent projette, investit et aime son enfant à naître dès qu'il prend conscience de son existence. Il construit son identité paternelle, imagine des morceaux d'avenir, des rires et des projets. Lorsque tout s'effondre, le traumatisme et le vide sont tout aussi réels pour lui.
Cependant, les conditionnements éducatifs et sociétaux amènent fréquemment les hommes à exprimer leur deuil d’une manière différente de celle des femmes. Cette asymétrie au sein du couple peut parfois créer des zones d'incompréhension, alors qu'elle ne traduit qu'une pluralité de chemins face à la souffrance. Il n’existe pas de mode d’emploi unique, ni de bonne ou de mauvaise façon de traverser une telle épreuve. Chaque sensibilité est valable :
* Le besoin d'action et le refuge dans le travail : Pour beaucoup de pères, s'investir intensément dans le domaine professionnel, le sport ou des tâches concrètes constitue un mécanisme de défense adaptatif. Ce n'est pas de la fuite ni de l'indifférence, mais une manière de rester debout, de canaliser l'anxiété et de reprendre le contrôle sur un quotidien qui a volé en éclats.
* L'expression par le retrait ou le silence : Certains hommes ressentent la nécessité absolue de se protéger en s'enfermant temporairement dans le mutisme. Ce silence n'est pas un vide émotionnel, mais un espace intime d'assimilation du choc.
* Le besoin de poser les armes : À l’inverse, certains pères ressentent le besoin viscéral de pleurer, d'exprimer leur colère ou de formuler leur impuissance. S'autoriser à plier sous le poids du chagrin est un acte de courage immense, un droit le plus absolu que le monde extérieur doit apprendre à respecter.
S'écouter, c'est s'autoriser à accueillir ce qui est là, sans culpabilité face aux attentes du monde extérieur. Porter le deuil ne signifie pas devoir tout porter tout seul, ni jouer un rôle.
Offrir un espace où chaque émotion trouve sa juste place.
Parce que laperte d'un bébé pendant la grossesse nécessite un accompagnement adapté, il estessentiel que les pères ne restent pas isolés dans leur forteresse de silence.Reconnaître leur statut de parent endeuillé est le premier pas vers unereconstruction après la perte d'un bébé, pour eux-mêmes mais aussi pourl'équilibre du couple et de la famille élargie.
En tant qu’accompagnante en deuil, mon rôle à travers Les Couleurs de la Vie est précisément de briser cet isolement. Je propose un accompagnement en deuil périnatal sur mesure. Depuis la Savoie ou partout en France grâce à des consultations en distanciel, j'offre aux pères un espace d'écoute sécurisant, confidentiel et profondément chaleureux. Un lieu neutre où les injonctions sociales s'effacent et où vous avez enfin le droit de déposer les armes et de ne pas être « fort ». Que votre cheminement soit fait de mots, de larmes, d'action ou de longs silences, chaque émotion y trouve sa juste place, sans aucun jugement.
À l'approche de la Fête des Pères, changeons notre regard. Offrons à tous l’espace d’exister pleinement dans leur chagrin, validons leur douleur et enveloppons-les de la même sollicitude que celle que nous accordons aux mères.
Un espace pour vous, au-delà du silence
À vous, les pères qui traversez cette tempête invisible :
Vous avez le droit d'être triste. Vous avez le droit d'être en colère. Vous avez le droit de ne pas savoir comment gérer l'après. Être un soutien pour votre conjointe ne signifie pas que vous devez oublier votre propre souffrance de père.
Si vous ressentez le besoin de parler à quelqu'un de neutre, hors du cadre familial ou amical, sachez que vous n'êtes pas obligé de vous engager immédiatement dans une longue thérapie.
Je vous invite à faire un premier pas, en toute simplicité et à votre rythme. Je vous offre un appel découverte de 30 minutes, gratuit et sans aucun engagement. Cet échange téléphonique ou en visio est un espace qui vous appartient entièrement. Nous ferons simplement le point sur ce que vous traversez aujourd'hui, et nous verrons comment je peux vous apporte run soutien pour la perte de votre bébé, à votre convenance.